mercredi 14 juillet 2010

JEAN-PIERRE LASSALLE


Jean-Pierre Lassalle est un poète et un essayiste prolifique. Il a  a été membre du groupe surréaliste parisien de 1959 à 1966. Dans le numéro 10-11 de la revue Bief, publié en février 1960, il expose ses « Théories monétaires »:

«- macroscopique: mettre en circulation d'énormes billets de banque en béton précontraint avec figurant la République une vestale murée vive dans un bain de plexiglas...
- microscopique: frapper une monnaie plus petite qu'un grain de sable, une monnaie que l'on perdra tout le temps; que l'on aura sous l'ongle, dans l'œil, dans une dent creuse... »

Lassalle a publié deux recueils de poèmes durant son court passage dans le groupe surréaliste : Le Grand Patagon et Retour de Rodez. Blason, mythologies, confréries initiatiques; les sources de son inspiration sont secrètes et érudites.

Il est l'auteur d'articles sur l'histoire de la franc-maçonnerie.


DERRIÈRE UN POIREAU

Axulée centaure et figuline
J’arrime au chiroghul l’unciale fine à cil
J’arbuste un chlore effet de fée j’aime

Qu’arse l’asbeste soit de par les seins tigranes
Me subdivise le sinople d’une gorge caressée
Brûle mon œil griffe ma peau Athiase d’une hie
Glutinant-griselle murène ma rieuse aimée d’Adrago
D’yeuse longue large étonnamment fluide
Mon corps apparaît sable: soudain le Grand Collier

S'allume Digamma Digamma le feu le flux  
Le franc frisson s'allume amour fissifolié
Je suis chevalier d'ordre et franc de frénésie
Ma cape est zibeline mon brant est de sinople la hart
Oui que la hart flamboie au cou des non-équestres

Dans l’hort j’ai frissonné vaincu par le sinople
Derrière un poireau le grand ouvrier tout-puissant
Déploie le Cosme invente Il me devine
D’amour d’asbeste et d’archontat avide.

(Jean-Pierre Lassalle, dans Le Grand Patagon. Repris dans Poèmes presques)

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