vendredi 16 juillet 2010

DE MYSTÉRIEUX FORGERONS I


« L'absente d'elle-même
S'échappe de vos parcs déchus
Elle feint de se soumettre les heures nôtres
Et renouvelle les traquenards ancestraux
Sur le passage des faux perdants
Qui viennent creuser de leur rire la ténèbre
Pendant que Gérard danse avec les Dioscures
Sur la pelouse d'une enfantine sérénité
À jamais préservée de vos réminiscences
Des funestes divinités du désert »

(extrait de « Hors d'atteinte », d'Élie-Charles Flamand, dans Jouvence d'un soleil terminal, 1979)

Parmi les écrivains surréalistes affiliés à la loge Thebah, quelques-uns se réclament discrètement d'une tradition initiatique représentée par la figure de certains dieux forgerons de l'antiquité préhellénique. Les Dactyles travaillaient le fer, et étaient réputés jongleurs, et magiciens. Ils pratiquaient également la médecine. Selon Strabon, les Curètes et les Corybantes sont issus des Dactyles; leurs danses figuraient « les révolutions des planètes ». Les Telchines de Rhodes exécutèrent les premières statues de bronze à l'image des dieux. Les Cabires, sur l'étude desquels René Alleau s'appuie plus particulièrement, ont forgé la faucille de Kronos. L'auteur d'Aspects de l'alchimie traditionnelle regroupe ces différentes figures de forgerons mythiques sous le vocable de théurges du feu. Ce sont les génies gardiens du feu souterrain et des fabuleuses transformations propres à la pratique de l'alchimie.

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